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présente

BÉRÉNICE

de

Jean RACINE

[Programme]   [Mise en scène]

Bérénice, reine de Palestine, aime et est aimée de Titus, futur empereur de Rome. Antiochus, roi de Comagène et compagnon d'armes de Titus, aime, en silence et sans espoir, Bérénice.

Le père de Titus meurt, celui-ci devient donc empereur. A sa passion pour Bérénice vient s'interposer la passion de son devoir. Il ne peut y faillir sans se déshonorer et sans perdre les raisons même de son existence, de ce pourquoi il a été élevé : devenir le maître du monde.

A partir de cet événement capital, la tragédie commence sa fulgurante trajectoire.

Mais, avant d'aller plus loin, sachons reconnaître en Bérénice, la femme qui aime et est abandonnée. Dans Antiochus, l'homme qui aime et n'est pas aimé. En Titus, l'homme qui, dans la souffrance, abandonne l'amour pour accomplir son destin d'homme.

L'anecdote (Rome, La Palestine...) est ici de peu d'importance, elle est nécessaire pour agrémenter et rendre attrayant (comme la diction et le chant rendent séduisant) un sujet qui traite de types généraux.

Le génie de Racine (comme celui de Corneille mais sur un autre plan) est d'aller au-delà de ces stéréotypes et de faire s'incarner les diverses images de la Passion, par l'intermédiaire des personnages dont les caractères sont mis en scène avec une acuité, une vérité impitoyable. Ces diverses images, ces personnages deviennent de vivants symboles, agissant les uns contre les autres.

Ces éléments sont transposés et transcendés par l'écriture poétique, il faut entendre par là, la musique, la musicalité (les sonorités et les rythmes, la diction et le chant) dont l'agencement, en correspondance avec le sens, les sentiments et les mouvements de la Passion, secrète une force et une magie qui doivent provoquer, sur les spectateurs, une véritable fascination.

Jacques-Henry FABRE & Sandra MACEDO
dans les rôles de Titus et de Bérénice
Jacques-Henry FABRE & Sandra MACEDO
dans les rôles de Titus et Bérénice

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Cette mise en scène de Bérénice a été créée

le 26 juin 1999

aux Granges de Port-Royal-des-Champs

à l'occasion de l'"Année Jean RACINE

pour le tricentenaire de sa mort

en coproduction avec

le Musée National des Granges de Port-Royal

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Bérénice

Dessin de Dimas MACEDO

La Tragédie de Bérénice, de Titus et d'Antiochus est un immense soupir de détresse et de désespoir.

Désespoir de l'amour incompris et de l'amour impossible.

Regret désespéré de ce qui aurait pu être et ne sera jamais.

Sublimation de l'être qui se sacrifie pour mériter la gloire du devoir assumé.

Souffrance insupportable de l'amour partagé et dont on se défait pour que la raison l'emporte.

Tendres et cruelles douleurs de ces ensevelis vivants dans le temple exigeant et dérisoire de la postérité.

Pierre LÉOMY dans le rôle de Paulin

Pierre LÉOMY dans le rôle de Paulin

ESPRIT DE LA MISE EN SCÈNE

Nous nous voulons dans la lignée de Jacques COPEAU, du Cartel et de Jean VILAR.

Comme eux, nous voulons créer un théâtre axé sur le jeu des acteurs et dépouillé de tout décors et artifices inutiles. Nous voulons retrouver la pureté de l'expression théâtrale : un auteur, une pièce, un lieu de spectacle, des acteurs, un public, et, affirmer avec Charles DULLIN :

"(...) Le maître du théâtre, c'est l'auteur. Tous les autres rouages ne sont là qu'en fonction de cette force créatrice. … Le metteur en scène doit accorder tous les éléments qui concourent à la représentation du spectacle. Acteurs et metteur en scène suivent donc la fortune de l'auteur."

et avec Jean VILAR :

"Eliminer tous les moyens qui sont extérieurs aux lois pures et spartiates de la scène et réduire le spectacle à ce difficile problème qu'est l'interpréta-tion d'un texte par le truchement du corps et de l'âme de l'acteur."

L'âme du participant-spectateur est déchirée par cette poésie dramatique, par cette poésie en action, par l'expression de ces âmes mises à nu, et rendues charnelles et intimes grâce au jeu et à la présence des acteurs.

Notre travail n'est pas uniquement dans la recherche de la "psychologie" des personnages, il n'est pas fait seulement de raisonnements, il est de trouver le rapport des sensibilités, des émotions, des passions...

Il est de trouver l'équilibre entre l'expression de la vérité des personnages et des situations et de découvrir, de faire éclore par la musicalité, et découlant de la musicalité, la justesse des caractères et des émotions.

L'Acteur est la nécessité essentielle du Théâtre et de son intensité et de sa justesse dépend la fascination que provoque, sur le public, l'œuvre inter-prétée.

Ici, dans la Tragédie, les personnages sont joués par la fatalité des situations, par leur destinée, malgré eux, déjà, toute tracée !

Ici, il n'y a plus de libre arbitre et les héros croient pouvoir infléchir leur avenir mais celui-ci est déjà inscrit impitoyablement.

Guy MOIGN

Jacques-Henry FABRE & Sandra MACEDO
dans les rôles de Titus et de Bérénice

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